« Besoin d'air », le livre de la présidente du Medef, effectue un démarrage inespéré en librairie. Très présente dans les médias, Laurence Parisot n'hésite pas à faire évoluer sa position sur les licenciements et sur les 35 heures.
Communiquer sans compter. Plus un jour, ou presque, ne passe sans que Laurence Parisot ne fasse, dans les médias, la promotion de « Besoin d'air » (Seuil), le livre qu'elle a écrit au nom du Medef. En dix jours, la présidente de l'organisation patronale a eu droit à cinq télévisions et cinq radios. « Je voudrais conseiller à tous les auditeurs de lire le livre », a-t-elle encore lancé sans ambages, hier matin, sur France Inter. Vendredi dernier, c'était aux auditeurs de RMC qu'elle « recommandait » de l'acheter. Quelques jours plus tôt, elle expliquait sur France 2 et LCI, ouvrage en main, que celui-ci s'adressait « au grand public ».
8.000 exemplaires dans les rayons
La stratégie semble payer, puisque dès sa sortie en librairie, le 25 janvier, le livre a fait partie des meilleures ventes de la semaine. Dans le classement de « L'Express » à paraître jeudi, « Besoin d'air » apparaît en 14e position. Et il est à la 22e place des essais et documents dans le dernier numéro de « Livres Hebdo ». Un bon démarrage qui étonne les éditeurs, alors que le divorce des Français avec l'économie reste patent.
C'est pourtant moins que le score de Bernard Thibault, dont « Ma voix ouvrière », publié chez Stock en janvier 2005, avait été classé 16e dans « Livres Hebdo » dès sa sortie.
Les chiffres doivent toutefois être pris avec précaution. D'abord parce qu'ils portent sur de petits volumes. Sur un tirage de 20.000 exemplaires, le Medef en a acheté la moitié. L'éditeur n'en a placé que 8.000 dans les rayons. Ensuite parce que les statistiques sont très controversées. En 2005, moins d'un mois après sa publication, le livre du leader de la CGT était censé avoir été écoulé à 17.000 exemplaires. Mais, selon GfK-Panels Culture, il n'y aurait eu que 7.845 ventes.
Laurence Parisot a au moins réussi à faire parler d'elle. Arrivera-t-elle à peser sur la campagne présidentielle ? Devant les silences de Ségolène Royal sur la politique économique, elle n'a pu lancer que quelques piques isolées en direction du Parti socialiste. Mais en insistant sur la mauvaise situation des finances publiques et sur la nécessité de relancer la croissance, elle a réussi à faire revenir ces sujets dans les discours du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, et de celui de l'UDF, François Bayrou.
« Une modalité de plus »
A l'inverse, Laurence Parisot a mis de l'eau dans son vin. Alors qu'elle défendait, depuis la crise du CPE, le « divorce par consentement mutuel » entre employeurs et salariés, elle explique maintenant que ce nouveau mode de « séparabilité » ne peut fonctionner que sur la base du volontariat et n'est pour elle « qu'une modalité de plus » qui ne retirerait « rien à ce qui existe » en matière de licenciement. De même, après avoir qualifié de « rustine » l'intention de Nicolas Sarkozy de défiscaliser les heures supplémentaires pour assouplir encore les 35 heures, elle trouve désormais cette idée « tout à fait intéressante ».
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