23 :05 : «La Turquie, ce n’est pas l’Europe». L’Europe «peut réussir à avancer» contre les délocalisations et pour un protocole social, estime Ségolène Royal, qui veut une Union qui réalise «l’alignement vers le haut». Pour Nicolas Sarkozy, la Constitution repoussée par référendum en 2005 «n’entrera pas en vigueur». «Les Français ont dit non, on ne va pas recommencer un nouveau référendum», explique-t-il. Second point : «si je suis président, je m’opposerai à l’entrée de la Turquie en Europe, car la Turquie, c’est l’Asie Mineure». «Quelle est votre position ?», demande le candidat de l’UMP à son adversaire. «Je suis pour une pause», répond-elle, «mais un processus a été engagé, et la France doit tenir ses promesses». «Si la Turquie remplit les conditions et que le peuple Français dit oui», c’est possible, estime Royal. «Vous risquez de faire une seule chose : renforcer l’islamisme», estime Nicolas Sarkozy. «N’utilisez pas ce sujet de façon si brutale, ne claquez pas la porte», lui répond la candidate socialiste. 23 :00 : «Le summum de l’immoralité en politique»
Vif échange entre les deux candidats. Ségolène Royal s’emporte et dénonce les propos de son adversaire sur l'accueil d'enfants handicapés à l'école. « Je suis scandalisée de ce que je viens d’entendre, c’est un summum d'immoralité politique », déplore celle qui a lancé en tant que ministre de l’Enseignement scolaire «le plan Handiscol». «Et c’est votre gouvernement qui a supprimé ce plan et supprimé les aide éducateurs». Elle poursuit : «Cet écart entre discours et les actes n’est pas acceptable, et je suis très en colère».
«Calmez-vous», répond Sarkozy, qui persifle : «madame Royal a perdu ses nerfs».
Royal : « Tout n’est pas possible dans la politique, monsieur Sarkozy »
Sarkozy : « Pour être président de la république il fait être calme »
Royal : « Non, pas quand il y a des injustices »
Sarkozy : « Je ne sais pas pourquoi Madame royal a perdu ses nerfs… »
Royal : « Je ne suis pas en colère, je suis en colère, c’est tout »
Sarkozy : «Je ne me serai jamais permis de parler de vous comme cela. J’ai le droit de parler du handicap, ce n’est pas un monopole que vous avez».
22 :45 «Je ne vous parle pas des TOS, je vous parle de l’éducation».
Le débat porte maintenant sur l’éduction. Citant Jules Ferry, Nicolas Sarkozy parle de «respect», de «transmission», et veut des études surveillées après les cours, mais aussi que les enseignants soient mieux évalués sur leurs performances, de même que les établissements. Ségolène Royal parle d'un «un nouveau pacte pédagogique», et met en cause les «100.00 emplois supprimés en cinq ans» dans le système scolaire. «Faux», rétorque Sarkozy, «les TOS ils n’ont pas été supprimés», mais «transférés de l’Etat aux régions». «Je vous parle pas des TOS, je vous parle de l’éducation», lance Royal, qui décline ses mesures : soutien scolaire individualisé, protection des établissements, retour de la culture à l’école...
22h30 «Vous venez de dire une série d’erreurs ».
Sur l’environnement, Nicolas Sarkozy parie sur des déductions de taxe pour les bâtiments aux normes Haute Qualité Environnementale, et sur la mise en place d’une taxe carbone. Il souhaite également la défiscalisation des biocarburants, car il «croit en l’agriculture française». Pour Ségolène Royal, «la France est très mal lotie» en la matière. Et de citer l'évaluation des programmes des candidats par des associations écologistes, qui lui ont donné une meilleure note que celle de Nicolas Sarkozy. Celui-ci lui demande de préciser sa position sur le nucléaire. «Quelle est la part de notre consommation d’énergie qui est nucléaire ?» interroge Ségolène Royal, qui ne veut pas arrêter les centrales, mais veut un moratoire sur l’EPR. «Vous prendriez le risque de fonctionner avec de vieilles centrales ?» demande Sarkozy. « Vous venez de dire une série d’erreurs, cela peut arriver», rétorque Royal.
22h25 Le bouclier fiscal, "injuste" pour Royal, nécessaire pour Sarkozy
Le débat porte désormais sur la fiscalité. «Le problème de la France c’est qu’on paye trop d’impôts», estime Nicolas Sarkozy. «Nous sommes dans un environnement concurrentiel et on ne peut pas imposer aux contribuables Français des impôts plus lourds que ce qu’on paye dans les autres pays». Ségolène Royal dénonce les «injustices» du «bouclier fiscal» de Nicolas Sarkozy. Celui-ci répond : «nul ne doit donner plus de la moitié de ce qu’il a gagné. Le but de la France ce n’est pas de faire partir tous ceux qui veulent créer». Citant l’exemple d’une dame qui a reçu un chèque «de 7 millions d’euros», Ségolène Royal juge la mesure «très injuste».
22h20 Royal dénonce la conception du pouvoir "péremptoire et unilatérale" de Sarkozy
« Ce n’est pas ma conception du pouvoir que de décider de façon péremptoire et unilatérale ». Attaquée par Nicolas Sarkozy sur des propos tenus par François Hollande sur une nouvelle CSG pour financer les retraites, Ségolène Royal n’hésite pas à dire que cela « ne l’engage pas ». Le débat sur les retraites se poursuit entre les deux candidats, qui usent d’arguments parfois techniques. « Je ne peux pas vous laisser dire des choses fausses », tance la candidate socialiste, qui propose une « remise à plat » des lois Fillon.
22h10 Royal : « une taxe sur les revenus boursiers »
« En matière de retraites, je réformerai les régimes spéciaux (EDF, RATP, SNCF) par souci d’égalité et j’augmenterais de 25% les petites retraites », avance Nicolas Sarkozy. Sur la santé, il avance un grand plan Alzheimer pour « trouver d’où vient cette maladie », le remboursement des lunettes et des prothèses dentaires. Ségolène Royal veut, elle, financer la réévaluation des « petites retraites » grâce à une « taxe sur les revenus boursiers ». Nicolas Sarkozy l’attaque sur la hauteur de cette taxe, mais Ségolène Royal refuse d’avancer un chiffre : « Ce seront aux partenaires sociaux de le déterminer, moi je définis les principes».« C’est d’une précision débordante », ironise Nicolas Sarkozy.
21h55 Sarkozy : « Laissez-les gagner davantage ! »
« Je préfère qu’un employeur recrute un jeune au chômage plutôt qu’offrir un nouveau cadeau aux entreprises sans contrepartie », dit Ségolène Royal à propos des heures supplémentaires. « A quoi servent les RTT quand on n’a pas d’argent pour payer des choses à nos enfants ? En France, il y a un problème de pouvoir d’achat. Laissez les gagner davantage d’argent s’ils veulent travailler plus ! », rétorque Nicolas Sarkozy, qui évoque les « petites retraites ».
21h45 Royal : « merci Medef ! »
La défiscalisation des heures supplémentaires proposée par Nicolas Sarkozy est, selon, Ségolène Royal une « proposition dangereuse et inefficace qui coûte 5 milliards d’euros ». Elle avance sa proposition d’emplois tremplins pour les jeunes, qui « marchent » et « ne coûtent rien ». « Stricte logique socialiste du partage du temps de travail », rétorque le candidat UMP. « Les 35 heures n’ont pas créé d’emplois » et « pèsent sur le pouvoir d’achat des Français », assure Nicolas Sarkozy, citant les conclusions de l’institut Rexecode, organisme présenté comme « parfaitement indépendant ». « C’est l’organisme du Medef ! « , dénonce Mme Royal. « Pas du tout, se défend Nicolas Sarkozy, son patron a été nommé par Lionel Jospin en 1998 ! ». « Merci Medef », poursuit Ségolène Royal.
« Si elles ont fait tant de dégâts, pourquoi n’avez-vous pas supprimé les 35 heures ? Parceque vous savez qu’elles sont un progrès social », déclare Ségolène Royal, qui admet que la deuxième loi était « trop rigide ».
21h30 Sarkozy : « les 35 heures ont mis à bas l’hôpital public français »
Ségolène Royal expose sa stratégie de relance de la croissance. Il faut, dit-elle, « réformer le dialogue social » et « mettre en mouvement le levier écologique ». Nicolas Sarkozy souhaite de son côté « récompenser, libérer et valoriser le travail », et juge que son adversaire « survole » les sujets abordés. Il refuse de généraliser les 35 heures qu’il accuse d’avoir « mis à bas l’hôpital public français ». Une « catastrophe généralisée pour l'économie française », assure-t-il.
21h15 Royal veut « faire raccompagner les fonctionnaires qui finissent tard le soir », « inimaginable » pour Sarkozy
Ségolène Royal mentionne le cas récent des deux policières violées à Bobigny. Pour éviter cela, elle promet de « raccompagner les femmes policiers chez elle », et déclare qu’une fois élue, elle ne réduira pas le nombre de fonctionnaires. Un choix qui vaut aussi pour les hôpitaux et les écoles. Le candidat UMP rétorque que le groupe socialiste à l’Assemblée n’a pas voté les créations de postes de policiers. « Peut-être parce que ce n’était pas assez », répond la candidate socialiste. « Zéro délinquants, vous l’aviez dit en 2002 ! », insiste-t-elle. « Mais non madame », répond Nicolas Sarkozy, qui repousse la proposition de Ségolène Royal de raccompagner les policières la nuit à leur domicile, jugeant qu’il n'est pas imaginable de se doter de « gardes du corps pour chaque fonctionnaire ».
21h00. Nicolas Sarkozy expose sa vision de la présidence. Selon lui, « il faut tirer les conséquences des tsunamis politiques de ces dernières années. On ne peut plus faire de la politique comme avant ». Il s’engage donc à « prendre des engagements » et à « être jugé dessus ». Il promet également de ne pas effectuer plus de deux mandats.
Ségolène Royal, elle, attaque d’emblée son adversaire. Invoquant une « augmentation des violences », elle estime qu’il faut « des responsables politiques plus efficaces que ceux des 5 dernières années ». Les responsables « doivent rendre des comptes », assène-t-elle.
« Je suis responsable de ce qui s'est fait depuis 5 ans », répond Nicolas Sarkozy, qui estime cependant avoir hérité d’une « situation catastrophique ». « Tout n’a pas été réussi » mais « sur les défaillances de la République, nous avons chacun notre part ». Et de citer « un million de victimes en moins » sous son mandat de ministre de l’Intérieur.
Les préparatifs
L'arrivée des candidats. Nicolas Sarkozy est arrivé au studio de Boulogne une quinzaine de minutes avant Ségolène Royal. Vetue de noir et blanc, comme le décor du débat, elle était accompagnée de ses proches, parmi lesquels Julien Dray, Jack Lang, Jean-Louis Bianco et François Rebsamen.
Prudence. Tel semble être le mot d’ordre dans les entourages de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy à une heure de leur confrontation télévisée. Patrick Devedjian, député UMP, se dit « normalement inquiet » mais ne craint « pas du tout » que Nicolas Sarkozy perde son calme. Arnaud Montebourg, porte-parole de la candidate socialiste, souligne que « chaque voix va compter », mais refuse de se prononcer sur la « principale faiblesse » de sa candidate. Réputé plus rompu aux confrontations télévisées, Nicolas Sarkozy a cependant été mis en garde par Jean-Pierre Raffarin : « Elle a une audace extrême », souligne celui a qui Ségolène Royal a pris la présidence de la région Poitou-Charentes.
Dans le même temps, les supporters des deux finalistes rejoignent leurs QG d’un soir. 800 sarkozystes se réunissent au Show Case, une boîte de nuit sous le pont Alexandre III à Paris. D'autres points de ralliements sont prévus, comme le siège de l'UMP ou seront accueillis étudiants de grandes écoles et bénévoles, le boulevard Beaumarchais où aura lieu un pique-nique des jeunes de l'UMP, et d'autres rendez-vous en province. François Hollande et les secrétaires nationaux socialistes suivront ensemble le débat rue de Solférino, mais à l’abri des regards des journalistes. Les jeunes UDF, qui symbolisent les électeurs indécis, se réunissent quant à eux au siège du parti, rue de l’Université.
Le débat Royal/Sarkozy commencera à 21 heures. Deux heures durant, ils aborderont sept grands thèmes. Dans l’ordre : « la France, la République et les institutions », « les questions économiques et sociales », le triptyque « éducation-recherche-environnement », « les familles », « l'écologie et le développement durable », « l'Europe », et enfin « les questions internationales ». Le débat sera conclu par 3 minutes de libre parole pour chacun des prétendants, Ségolène Royal ayant le dernier mot.
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Le premier ministre et l'ancien ministre de l'Intérieur ont déjeuné ensemble hier à Matignon.
17 h 30. Le siège de la rue d’Enghien est dans l’attente.
Mardi 17 avril 2007, Nicolas SARKOZY
A trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a présenté lundi 2 avril un nouveau livre intitulé « Ensemble » (XO Editions), où il expose aux Français ses valeurs, sa conception de la politique et son ambition pour



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