Le débat sur le contrat de travail fait son entrée dans la campagne. L'assemblée générale du Mouvement des entreprises de France (Medef), qui se tenait hier à Paris (lire ci-dessous), était l'occasion qu'attendaient les principaux candidats pour lancer la «guerre du CNE» (contrat nouvelles embauches). Et si Nicolas Sarkozy a pris de vitesse Ségolène Royal, en plaidant dès mercredi soir pour la généralisation d'un contrat précaire unique à l'ensemble des salariés, la candidate socialiste a contre-attaqué le lendemain matin en annonçant qu'elle comptait, si elle était élue, abroger le CNE qui permet aux petites entreprises (moins de 20 salariés) de se séparer d'un salarié dans les deux premières années suivant son embauche sans avoir à motiver les licenciements. «Si je suis élu, je mettrai en place un contrat unique qui s'inspirera du CNE», promettait mercredi soir à la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) le candidat de l'UMP. «Il s'apprête à démanteler le code du travail, et à faire en sorte que désormais tous les Français puissent être licenciés pendant deux ans sans justification et sans motif», a répliqué sur RMC-info et BFM-TV la socialiste, qui juge «grave» la proposition de son adversaire.
Pour Ségolène Royal et son staff de campagne, le CNE est de toute évidence un terrain beaucoup moins glissant que la réforme fiscale ou les 35 heures. Moins d'un an après la vague de manifestations qui a obligé le gouvernement à retirer le CPE (contrat première embauche), qui étendait aux moins de 25 ans pour l'ensemble des entreprises les conditions d'embauche du CNE, la candidate peut espérer rassembler l'ensemble des électeurs de gauche sur un thème fédérateur. A l'inverse, Nicolas Sarkozy tient, avec son projet de contrat unique, une idée chère à tous les défenseurs de l'économie libérale, et principalement aux petits patrons.
Hier, lors de l'assemblée générale du Medef, sa présidente, Laurence Parisot, n'a pas tari d'éloges sur le CNE. «Ce nouveau contrat de travail a permis d'embaucher 440 000 personnes, a-t-elle souligné, et 45 000 d'entre elles étaient des créations pures, c'est-à-dire des emplois qui n'auraient jamais existé sans cette forme de contrat.» Surtout, pour Laurence Parisot, le CNE préfigure la réforme du contrat de travail qu'elle appelle de ses voeux et qui permettrait ce qu'elle appelle «la séparabilité à l'amiable et aux conditions honorables pour les deux parties».
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Le directeur adjoint de la campagne de Ségolène Royal estime que le canular réussi par l'humoriste aux dépens de la candidate PS est une opération organisée par l'UMP.
Le piège tendu par Gérald Dahan à Ségolène Royal reste en travers de la gorge de Patrick Menucci. "On sent bien que tout ça c'est un montage de l'UMP. Monsieur Dahan manifestement est affilié à l'UMP. Il a animé plusieurs meetings de cette organisation", accuse le directeur adjoint de la campagne de Ségolène Royal, samedi en marge de la visite de la candidate PS en Martinique.
Gérald Dahan s'est en effet produit dans plusieurs réunions internes de l'UMP, notamment en décembre lors de l'accueil de nouveaux adhérents. Mais selon son entourage, il nie toutefois être un militant UMP. Mercredi, il s'était fait passer au téléphone pour le premier ministre du Québec. Dans une conversation d'une dizaine de minutes, Ségolène Royal avait évoqué en plaisantant l'indépendance de la Corse.
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Le développement durable s’est imposé dans le débat politique avec force, parfois avec catastrophisme, souvent avec espoir. Le réchauffement climatique, le recul de la biodiversité, la santé environnementale sont autant de questions qui ne peuvent plus être traitées sous le seul angle technique. Le développement durable est fondamentalement politique puisqu’il exige une vision prospective de notre société. Il faut extraire le développement durable des sphères techniques ou idéologiques pour que cette priorité s’impose à toutes nos politiques.
La conférence internationale de Paris, l’adhésion de presque 600 000 personnes au Pacte de Nicolas HULOT, le quatrième rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’Experts du Changement climatique) concluant à un réchauffement compris entre 2° et 4° celsius, marquent la semaine.
Face à cette réalité, la position du Président des Etats-Unis apparait incompréhensible. Certes, le discours sur l’Etat de l’Union témoigne d’une certaine prise en compte des enjeux climatiques et énergétiques. Son engagement à réduire de 20 % la consommation d’essence aux Etats-Unis d’ici 10 ans est un premier pas. Pour autant, les Etats-Unis, qui représentent 25 % des émissions de gaz à effet de serre pour à peine 5 % de la population, en refusant de ratifier le Protocole de Kyoto fragilisent l’avenir de l’humanité. La première puissance mondiale doit montrer
la voie. J
’ai bien conscience que ce Protocole de Kyoto manque d’ambition. J’ai bien conscience que donner une valeur à la nature et un coût à la pollution exige une profonde remise en question de nos schémas économiques. Passer de la société du « jetable », du « gaspillage », de la « destruction » à une société du recyclable et de la préservation, est une étape aussi importante que le passage de l’ère agricole à l’ère industrielle. Mais la nature s’effondrera sous nos yeux si nous n’y prenons garde.
Il faudra être extrêmement audacieux et imaginatifs pour diviser par deux dans le monde nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Sans que ce constat nous entraine à la résignation, il faut avoir conscience que sans les Etats-Unis, sans
la Chine
et l’Inde, répondre au défi climatique est illusoire. Il faudra institutionnaliser le G20 du climat pour que les principaux émetteurs de gaz à effet de serre s’engagent à agir et à rendre des comptes. Dans la lignée de
la Conférence
de Paris, je crois à la nécessité d’une Organisation mondiale de l’environnement et d’un droit international de l’environnement qui équilibrent la toute puissance de l’OMC. L’Europe doit retrouver une grande ambition et lancer un programme sans précédent de recherche et de développement des énergies d’avenir. A ce jour, nous n’avons pas d’énergie de masse, non polluante, qui puisse remplacer l’essence. Nous ne devons pas condamner les transports car aucune société n’a progressé sans mobilité.
J’ai proposé que le numéro deux du Gouvernement soit le Ministre d’Etat chargé du développement durable. C’est une révolution sans précédent dans notre administration. Je doublerai la fiscalité écologique. C’est également une révolution dans un pays qui a privilégié la taxation du travail. Je baisserai les prix des produits « propres», les logements économes en énergie, les voitures propres ou encore les produits bio, grâce à l’application d’un taux de TVA réduit. C’est aussi une révolution dans une société où l’écologie coûte plus cher que
la pollution. L
’évolution se fera avec l’adhésion de chacun. Plus qu’une conférence sur la fiscalité écologique, c’est un « Grenelle de l’environnement » qu’il faut réunir dès le Printemps pour donner un visage à cette société de demain.
La France
est un grand pays qui a souvent été le pionnier des idées. Il faut garder cette ambition car notre parole est écoutée. La voix de
la France
compte. Elle sera suivie.
Nicolas Sarkozy
Par Jeunes Populaires Lycéens de Versailles
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